Tu branches une lampe sur une pile : elle éclaire de façon constante. Tu la branches sur une prise du secteur : elle éclaire pareil, mais le courant qui la traverse change de sens 100 fois par seconde. C'est ça, le courant alternatif (AC, pour Alternative Current). En STI2D, tu vas l'étudier en régime sinusoïdal, car c'est la forme d'onde que produisent les alternateurs des centrales et que distribue le réseau électrique. Comprendre le régime sinusoïdal STI2D, c'est savoir décrire une tension qui varie dans le temps, calculer les puissances mises en jeu et analyser un circuit RLC. C'est essentiel pour l'épreuve 2I2D et pour tes projets de spécialité (Énergies & Environnement, Systèmes d'Information & Numérique, Innovation Technologique, Architecture & Construction).
1. Qu'est-ce qu'un régime sinusoïdal ?
Une tension alternative sinusoïdale s'écrit :
u(t) = Umax · sin(ωt + φ)
Avec :
- u(t) : tension instantanée, en volts (V).
- Umax : amplitude maximale, en V.
- ω : pulsation, en radians par seconde (rad/s). ω = 2πf.
- f : fréquence, en hertz (Hz). En France, le réseau domestique est à 50 Hz.
- φ : phase à l'origine, en radians (rad).
La tension efficace, celle que mesure un multimètre en position AC, vaut :
Ueff = Umax / √2
Pour le secteur français, Umax ≈ 325 V, soit Ueff ≈ 230 V. C'est cette valeur efficace qui apparaît sur les plaques signalétiques et qui sert à calculer les puissances.
Pourquoi sinusoïdal et pas carré ou triangulaire ? Parce que les alternateurs tournent et produisent naturellement une tension sinusoïdale, et parce que le sinus se conserve à travers les composants linéaires (résistances, bobines, condensateurs). Un signal non sinusoïdal se décompose en une somme de sinusoïdes (séries de Fourier), mais ce n'est pas au programme de STI2D.
2. Représenter une tension sinusoïdale : chronogramme et vecteurs de Fresnel
2.1 Le chronogramme
On trace u(t) en fonction du temps. On lit :
- La période T (en s) : durée d'un cycle. T = 1/f.
- L'amplitude Umax.
- Le déphasage par rapport à une autre grandeur (courant, autre tension).
2.2 Le vecteur de Fresnel
Un vecteur de Fresnel est un vecteur tournant dont la longueur représente Ueff (ou Umax) et dont l'angle par rapport à l'axe des réels représente la phase φ. On l'utilise pour additionner des tensions sinusoïdales de même fréquence : la somme vectorielle donne la tension résultante. C'est plus rapide qu'une construction point par point.
Attention : on ne peut additionner des vecteurs de Fresnel que si les signaux ont la même fréquence. Sinon, le déphasage varie dans le temps et la notion perd son sens.
3. Les trois composants passifs en régime sinusoïdal
3.1 La résistance
Une résistance R (en ohms, Ω) obéit à la loi d'Ohm : u = R·i. En régime sinusoïdal, tension et courant sont en phase (déphasage nul). La puissance dissipée est une puissance active.
3.2 La bobine idéale
Une bobine d'inductance L (en henrys, H) vérifie u = L·di/dt. En sinusoïdal, cela se traduit par une avance de la tension de 90° (π/2 rad) sur le courant. On définit l'impédance ZL = Lω, en ohms. Une bobine ne dissipe pas de puissance active : elle stocke et restitue de l'énergie sous forme magnétique.
3.3 Le condensateur
Un condensateur de capacité C (en farads, F) vérifie i = C·du/dt. En sinusoïdal, le courant est en avance de 90° sur la tension. Son impédance vaut ZC = 1/(Cω), en ohms. Comme la bobine, il ne dissipe pas de puissance active : il stocke de l'énergie électrique.
3.4 Le circuit RLC série
Pour un circuit RLC série alimenté par une tension sinusoïdale, on définit l'impédance totale :
Z = √(R² + (Lω − 1/(Cω))²)
Et le déphasage φ entre u et i vérifie :
tan φ = (Lω − 1/(Cω)) / R
Si Lω = 1/(Cω), on est à la résonance : Z = R, le courant est maximal et en phase avec la tension. Ce phénomène est utilisé dans les filtres (radio, alimentation à découpage) et peut être dangereux si mal maîtrisé (surtensions).
4. Puissances en régime sinusoïdal : active, réactive, apparente
Trois puissances coexistent :
- Puissance active P, en watts (W) : celle qui produit un effet utile (chaleur, lumière, mouvement). P = Ueff · Ieff · cos φ.
- Puissance réactive Q, en voltampères réactifs (var) : échangée entre composants réactifs et source, sans travail net. Q = Ueff · Ieff · sin φ.
- Puissance apparente S, en voltampères (VA) : S = Ueff · Ieff. C'est ce que doit fournir la source.
On a la relation : S² = P² + Q².
Le facteur de puissance k = P/S = cos φ. Un facteur de puissance faible (beaucoup de réactif) oblige à surdimensionner les câbles et les transformateurs. Les industriels ajoutent des condensateurs pour le corriger (compensation d'énergie réactive).
Pour t'entraîner sur ces formules, tu peux consulter la fiche formules STI2D et refaire des exercices corrigés.
5. Exemple concret : le moteur d'un ascenseur
Imagine un moteur asynchrone monophasé alimenté en 230 V / 50 Hz. Il absorbe un courant efficace de 5 A avec un facteur de puissance cos φ = 0,8 (soit φ ≈ 36,9°).
- Puissance apparente : S = 230 × 5 = 1 150 VA.
- Puissance active : P = 1 150 × 0,8 = 920 W.
- Puissance réactive : Q = √(S² − P²) = √(1 150² − 920²) ≈ 690 var.
Si tu ajoutes un condensateur de compensation pour ramener cos φ à 0,95, le courant absorbé diminue pour la même puissance active. Les pertes en ligne (effet Joule) diminuent d'autant. C'est un enjeu direct de la spécialité Énergies & Environnement et un levier d'efficacité énergétique.
Autre cas : un variateur de vitesse pour moteur triphasé. Il redresse la tension du réseau, puis la découpe en créneaux pour synthétiser une tension alternative de fréquence variable. L'analyse harmonique dépasse le programme, mais tu dois comprendre que la commande du moteur repose sur la maîtrise de la fréquence et de la tension efficaces.
6. Méthode pour l'épreuve 2I2D et tes révisions
L'épreuve 2I2D (Ingénierie, Innovation et Développement Durable) évalue ta capacité à analyser un système réel, à justifier des choix techniques et à dimensionner des composants. Voici une méthode en 4 étapes :
- Identifier les grandeurs : relève Ueff, Ieff, f, cos φ sur la plaque signalétique ou dans le dossier technique.
- Calculer les puissances : P, Q, S. Vérifie la cohérence avec S² = P² + Q².
- Analyser le déphasage : un cos φ faible signale une charge inductive (moteur, bobine). Propose une compensation si pertinent.
- Conclure sur le dimensionnement : câbles, protection (disjoncteur, fusible), source. Justifie avec les normes en vigueur (NF C 15-100 pour les installations basse tension).
Pour la physique-chimie et les maths, entraîne-toi à passer des grandeurs instantanées aux grandeurs efficaces, à tracer des vecteurs de Fresnel et à résoudre des circuits RLC simples. Les ressources physique-chimie et maths STI2D te seront utiles. Si tu prépares aussi le bac général ou un autre bac, jette un œil à AlloBac pour des fiches complémentaires.
7. Conclusion : un outil indispensable pour l'ingénierie durable
Le régime sinusoïdal n'est pas une abstraction : c'est le régime de fonctionnement de la quasi-totalité des réseaux électriques. Que tu dimensionnes une installation photovoltaïque, un éclairage LED ou un moteur de convoyeur, tu manipuleras des tensions alternatives, des déphasages et des puissances. Maîtriser ces notions te rend crédible en projet 2I2D et te prépare aux métiers de l'ingénierie et du développement durable. Alors prends le temps de refaire les calculs, de tracer les chronogrammes et de vérifier les unités. Tu progresses à chaque exercice.
