physique-chimie

STI2D : tout savoir sur les circuits en régime sinusoïdal

14 juin 2026 7 min de lecture

En STI2D, tu vas rencontrer très souvent des circuits alimentés en courant alternatif sinusoïdal. Que ce soit dans une installation électrique, un variateur de vitesse ou une alimentation à découpage, la tension et le courant varient de façon sinusoïdale dans le temps. Comprendre le régime sinusoïdal est essentiel pour analyser le comportement des composants (résistance, bobine, condensateur) et dimensionner correctement les systèmes. Dans cet article, on va voir ensemble les bases, les formules clés et des astuces pour les appliquer en projet et en épreuve.

Qu'est-ce que le régime sinusoïdal ?

Un régime sinusoïdal est un état de fonctionnement d'un circuit où les grandeurs (tension, courant) varient de manière sinusoïdale dans le temps. On parle aussi de courant alternatif (AC). La forme mathématique d'une tension sinusoïdale est :

u(t) = U_max · sin(ωt + φ)

où :

  • U_max est l'amplitude maximale (en V)
  • ω est la pulsation (en rad/s) : ω = 2πf (f = fréquence en Hz)
  • φ est la phase à l'origine (en rad)

En France, le réseau électrique distribue une tension sinusoïdale de fréquence 50 Hz. Cela signifie que la tension effectue 50 oscillations par seconde. Cette fréquence se retrouve dans les prises de courant, les appareils électroménagers, etc.

Notion d'impédance et loi d'Ohm en sinusoïdal

En courant continu, la loi d'Ohm s'écrit U = R·I. En régime sinusoïdal, la résistance est remplacée par l'impédance (notée Z), qui généralise la notion d'opposition au passage du courant pour les composants :

  • Résistance (R) : impédance réelle, pas de déphasage entre tension et courant.
  • Bobine (L) : impédance imaginaire (inductive) : Z_L = jLω, le courant est en retard de 90° (π/2) sur la tension.
  • Condensateur (C) : impédance imaginaire (capacitive) : Z_C = 1/(jCω), le courant est en avance de 90° sur la tension.

La loi d'Ohm en sinusoïdal s'écrit : U = Z · I (en complexe). La partie réelle de Z correspond à la résistance, la partie imaginaire à la réactance.

Exemple concret : dans un moteur électrique, l'enroulement statorique est modélisé par une bobine en série avec une résistance. L'impédance totale permet de calculer le courant absorbé.

Représentation vectorielle (fresnel)

Pour visualiser les déphasages, on utilise le diagramme de Fresnel : chaque grandeur (tension, courant) est représentée par un vecteur tournant. La longueur du vecteur correspond à la valeur efficace (U_eff = U_max/√2). L'angle entre les vecteurs est le déphasage φ. Cette représentation est très utile dans les projets STI2D pour vérifier les calculs d'impédance.

Puissances en régime sinusoïdal

En alternatif, on distingue trois types de puissances :

  • Puissance active (P) : en watts (W), c'est la puissance réellement consommée par le circuit (dissipée dans les résistances). P = U_eff · I_eff · cos φ.
  • Puissance réactive (Q) : en voltampères réactifs (var), c'est la puissance échangée entre la source et les éléments réactifs (bobines, condensateurs). Q = U_eff · I_eff · sin φ.
  • Puissance apparente (S) : en voltampères (VA), c'est le produit des valeurs efficaces : S = U_eff · I_eff.

Le facteur de puissance (cos φ) est le rapport P/S. Un cos φ proche de 1 est souhaitable pour minimiser les pertes dans les lignes. Dans les installations industrielles, on ajoute des batteries de condensateurs pour relever le cos φ (compensation d'énergie réactive).

Exemple : une machine à laver consomme 2 kW avec un cos φ de 0.8. La puissance apparente est 2/0.8 = 2.5 kVA. Le courant appelé est plus élevé que si le cos φ était 1.

Exemple concret d'analyse d'un circuit RC série

Prenons un circuit série composé d'une résistance R = 100 Ω et d'un condensateur C = 10 µF, alimenté par une tension sinusoïdale de 50 Hz et de valeur efficace 230 V. On veut calculer le courant et les tensions.

  1. Calcul de la pulsation : ω = 2π·50 ≈ 314 rad/s.
  2. Impédance du condensateur : Z_C = 1/(j·314·10·10^{-6}) ≈ -j318 Ω.
  3. Impédance totale : Z = R + Z_C = 100 - j318 Ω.
  4. Module de Z : |Z| = √(100² + 318²) ≈ 333 Ω.
  5. Courant efficace : I_eff = U_eff / |Z| = 230 / 333 ≈ 0.69 A.
  6. Déphasage : φ = arctan(-318/100) ≈ -72.5° (courant en avance sur la tension).
  7. Tension aux bornes de R : U_R = R·I = 100·0.69 = 69 V.
  8. Tension aux bornes de C : U_C = |Z_C|·I = 318·0.69 ≈ 219 V (attention : ces tensions ne s'additionnent pas simplement car déphasées).

Ce type de calcul est typique d'un sujet d'épreuve 2I2D en spécialité EE ou ITEC.

Conseils pour les révisions et l'épreuve 2I2D

Pour réussir en régime sinusoïdal :

  • Maîtrise les nombres complexes : addition, multiplication, division. C'est la base.
  • Entraîne-toi à passer de la forme cartésienne à polaire (module et argument).
  • Refais les exercices types sur les circuits RLC série et parallèle.
  • Utilise le diagramme de Fresnel pour vérifier tes résultats.
  • En projet 2I2D, quand tu dimensionnes un circuit d'alimentation, pense à calculer le courant efficace et le cos φ pour choisir les bons câbles et protections.

Tu trouveras des exercices corrigés sur AlloSTI, ainsi que des fiches de formules pour le jour J. N'oublie pas de consulter aussi les ressources en physique-chimie et maths pour consolider les bases.

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Conclusion

Le régime sinusoïdal est un pilier de l'électrotechnique et de l'électronique en STI2D. En comprenant bien l'impédance, le déphasage et les puissances, tu seras capable d'analyser n'importe quel circuit alternatif. Que ce soit pour un projet de domotique, une éolienne ou un chargeur de batterie, ces notions te serviront tout au long de ta formation et dans ta future carrière d'ingénieur ou de technicien. Alors, prends le temps de t'exercer, et n'hésite pas à poser des questions !

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Questions fréquentes

Quelle est la différence entre courant continu et courant alternatif sinusoïdal ?

En courant continu, la tension et le courant sont constants dans le temps. En courant alternatif sinusoïdal, ils varient de façon sinusoïdale avec une fréquence donnée (50 Hz en France). Le régime sinusoïdal est utilisé pour le transport de l'électricité car il permet de changer la tension facilement avec un transformateur.

Comment calcule-t-on l'impédance d'un circuit RLC série ?

L'impédance totale Z d'un circuit RLC série est la somme vectorielle : Z = R + j(Lω - 1/(Cω)). Le module est |Z| = √(R² + (Lω - 1/(Cω))²). Le déphasage φ est donné par tan φ = (Lω - 1/(Cω))/R.

Qu'est-ce que le facteur de puissance et pourquoi est-il important ?

Le facteur de puissance (cos φ) est le rapport entre la puissance active (W) et la puissance apparente (VA). Un cos φ faible (proche de 0) signifie que le courant est déphasé par rapport à la tension, ce qui augmente les pertes dans les lignes et nécessite des câbles plus gros. On cherche donc à avoir un cos φ proche de 1 en ajoutant des condensateurs de compensation.

Comment utiliser le diagramme de Fresnel pour un circuit RC ?

Dans un circuit RC série, on place la tension aux bornes de la résistance (U_R) en phase avec le courant. La tension aux bornes du condensateur (U_C) est en retard de 90° sur le courant. La somme vectorielle de U_R et U_C donne la tension totale U. L'angle entre U et I est le déphasage φ.

Quelle est la différence entre valeur efficace et valeur maximale ?

La valeur efficace (U_eff) d'une tension sinusoïdale est la valeur qui produirait la même puissance dans une résistance qu'une tension continue de même valeur. Elle est égale à U_max/√2. Par exemple, une prise secteur de 230 V efficace correspond à une amplitude U_max ≈ 325 V.

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